Le contexte médical
Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune qui détruit les cellules bêta du pancréas, responsables de la production d’insuline. Sans cette hormone essentielle à la régulation de la glycémie, les patients développent souvent des complications graves, notamment l’insuffisance rénale. Jusqu’à présent, les options thérapeutiques étaient limitées : soit la greffe d’un pancréas entier, une intervention complexe réservée aux patients jeunes, soit la gestion par insulinothérapie et dialyse.
L’innovation thérapeutique
Cette nouvelle approche combine deux techniques :
– La transplantation rénale classique
– La greffe d’îlots de Langerhans, une méthode moins invasive que la greffe du pancréas entier
La procédure s’effectue en deux temps sur 48 heures, utilisant des organes provenant du même donneur pour minimiser les risques de rejet. Cette technique pourrait bénéficier à environ cent patients par an en France.
Un cas concret : l’histoire de Christophe
Christophe, vigneron du Beaujolais et diabétique de type 1 depuis 20 ans, illustre le succès de cette innovation. Après des années de complications (douleurs aux jambes, problèmes oculaires, insuffisance rénale) et trois ans de dialyse nocturne contraignante, il a bénéficié de cette double greffe en août 2024 aux Hospices civils de Lyon (HCL).
Les résultats sont remarquables :
– Stabilisation de sa glycémie
– Réduction significative des injections d’insuline (une seule par jour)
– Arrêt de la dialyse
Une évolution dans le traitement
Cette approche s’inscrit dans l’histoire de la greffe d’îlots de Langerhans, initiée aux États-Unis en 1974 et introduite en France dans les années 1990. Sa reconnaissance comme thérapie régulière en 2020 a permis son remboursement et son développement dans plusieurs hôpitaux français.
Cette innovation place la France parmi les leaders de la médecine régénérative, ouvrant la voie à des traitements plus efficaces et moins invasifs pour les patients atteints de diabète de type 1 et d’insuffisance rénale.