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CHU de Bordeaux : deux patients opérés du cœur grâce à une prothèse biodégradable

Le 5 avril 2022, les communication inter auriculaires (CIA) dont souffraient deux patients ont été corrigées en implantant par cathétérisme cardiaque une nouvelle prothèse bio résorbable. Une première en France.

10 May 2022

La première nationale réalisée au CHU de Bordeaux est “la première phase de la médecine de demain”, selon le Professeur Jean-Benoît Thambo, chef du service de cardiologie pédiatrique et congénitale au CHU (Centre Hospitalier Universitaire) de Bordeaux. 

Le 5 avril 2022, deux patients, un pré-adolescent et un jeune adulte, ont été les premiers en France à bénéficier d’une nouvelle prothèse, biodégradable, pour fermer la communication inter auriculaire dont ils souffraient. La procédure de cathétérisme interventionnel dure une quinzaine de minutes. 

Les communications inter auriculaires (CIA) font partie des malformations cardiaques congénitales les plus fréquentes. Il s’agit d’un trou entre les deux oreillettes du cœur. Même si elle est à l’origine bénigne, cette malformation peut entraîner des complications tardives telles que des troubles du rythme ou une insuffisance cardiaque. 

Il y a encore vingt ans, les CIA étaient opérées à cœur ouvert. Elles sont aujourd’hui traitées par cathétérisme, en passant par la veine fémorale. Les prothèses classiquement utilisées sont constituées d’un alliage métallique de nickel et de titane et de membranes polymériques assurant l’étanchéité. La prothèse reste dans le corps du patient à vie. Elle est colonisée en quelques mois par les tissus du patient. 

“Le traitement de ces malformations cardiaques est aujourd’hui de moins en moins invasif et la majorité d’entre elles sont traitées sans chirurgie. L’utilisation de nouveaux matériaux capables de limiter les réactions inflammatoires voire les infections est un challenge pour demain et il commence avec ce type de procédure, Pr Jean-Benoît Thambo, Chef du service de cardiologie pédiatrique et congénitale au CHU de Bordeaux.

Le nouveau dispositif, la prothèse reSept, ne contient aucun élément métallique et la moitié de ses composants sont biodégradables. Elle va donc être “digérée” par le cœur et les tissus du patient, diminuant ainsi la présence de corps étrangers. “Ce matériel adapté à l’organisme, biocompatible est capable d’évoluer avec le patient et peut-être demain de grandir avec lui”, s’enthousiasme le Professeur Thambo. Le procédé d’occlusion endovasculaire des CIA reste en revanche identique. 

Cette prothèse a été développée par un laboratoire suisse, atHeart Medical, qui a contacté le CHU de Bordeaux dans le cadre d’une étude de développement. 

L’établissement hospitalier dispose d’une équipe de recherche reconnue au niveau international pour ses travaux innovateurs avec ce type de dispositifs, appliqués à la cardiologie congénitale complexe. 

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