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Aeson, le cœur artificiel qui change la vie des insuffisants cardiaques

Depuis juillet 2021, le cœur artificiel conçu par la société Carmat est commercialisé en Italie et en Allemagne. Il a déjà été transplanté à une trentaine de patients.

25 Nov 2021

Le TGV, le cœur artificiel de Carmat, le rafale, Thomas Pesquet dans l’ISS… autant d’exemples de l’innovation et de la créativité françaises cités par le Président de la république, Emmanuel Macron, le 12 octobre dernier, sous cette phrase : “Le Rêve est possible”.

Le rêve de Carmat s’appelle Aeson. Ce cœur artificiel est né il y a 25 ans dans la tête du Professeur Alain Carpentier, spécialiste de la chirurgie cardio-vasculaire et de transplantation d’organes exerçant à l’Hôpital européen Georges Pompidou, à Paris. Il est aujourd’hui Directeur scientifique de la société Carmat, qu’il a créée en 2008 avec Matra Défense (Groupe EADS) et Truffle Capital. De cette collaboration insolite entre chercheurs scientifiques d’une part, et ingénieurs aéronautiques et électroniques d’autre part, découle le premier prototype d’un cœur artificiel français.

Après la commercialisation débutée l’été 2021, “la prochaine étape, c’est la profitabilité, commente Stéphane Piat, Directeur général de Carmat, car nos investisseurs sont très contents mais attendent évidemment un retour sur investissement.” La société cotée en bourse depuis 2010 a en effet dû lever 400 millions d’euros, en actions ou en prêts, pour qu’Aeson voit le jour. Airbus, Lohas, Holding Lyreco et Santé Holding sont les quatre principaux investisseurs.

Carmat est une solution unique pour un problème de santé publique croissant, l’insuffisance cardiaque. Notre émotion est immense quand nous voyons des patients dans un état de santé très délabré retrouver une vraie qualité de vie grâce à notre cœur artificiel”, Stéphane Piat, Directeur général de Carmat

Environ 70% des patients transplantés avec Aeson ont survécu plus de 6 mois après l’opération. L’insuffisance cardiaque reste la première cause de mortalité dans le monde. Rien qu’aux Etats-Unis et en France, on considère que 200 000 personnes en souffrent… pour seulement 5500 cœurs disponibles à la transplantation.

C’est pendant cette période d’attente qu’Aeson est indiqué. Ce pont à la transplantation peut durer plusieurs années. Le cœur artificiel se greffe sur les deux oreillettes du cœur natif. Les deux ventricules et les quatre valves sont remplacés. Pour éviter les problèmes de compatibilité, il dispose d’un système hydraulique qui empêche que le sang ne soit en contact avec du plastique ou de l’acier. Comme un cœur humain, il s’auto-régule et adapte le flux sanguin en temps réel. Il est pulsatile, ne souffre pas d’AVC, ni de saignement ou d’infection. 

Aeson a obtenu son marquage CE en Europe en décembre 2020, mais est encore en phase clinique aux Etats-Unis. En France, une autre étude, EFICAS, va débuter d’ici la fin de l’année sur une cohorte de 52 patients.

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