En République démocratique du Congo (RDC), un laboratoire mobile de haute biosécurité rapproche depuis juillet le diagnostic d’Ebola des populations vivant près de la frontière ougandaise. Conçu et fabriqué par IMeBIO, il permet d’obtenir les résultats en environ une heure.

Depuis près de vingt ans, l’entreprise française IMeBIO développe des laboratoires mobiles et modulaires de haute biosécurité pour les secteurs de la santé, de la recherche et des biotechnologies. Plus de 50 laboratoires BSL-2, BSL-3 et GMP conçus par l’entreprise sont déployés à travers le monde.

De cinq heures à environ une heure : accélérer le diagnostic d’Ebola

Située sur les rives occidentales du lac Albert, dans la province de l’Ituri, Kasenyi constitue un point de passage majeur entre la RDC et l’Ouganda. La zone de santé de Tchomia concerne plus de 94 000 personnes et connaît une forte activité transfrontalière.

La rapidité du diagnostic est déterminante pour confirmer les cas suspects, déclencher les mesures de contrôle et limiter les risques de transmission. Or, avant le déploiement du laboratoire mobile, les échantillons prélevés à Kasenyi devaient être acheminés jusqu’à Bunia, à plus de 55 kilomètres. En raison de l’état des routes, ce trajet pouvait prendre près de trois heures. En comptant le temps d’analyse et de transmission des résultats, la confirmation d’un cas pouvait nécessiter jusqu’à cinq heures.

Déployé le 23 juillet 2026, le laboratoire permet désormais de réaliser les analyses directement sur place. Les résultats sont aujourd’hui disponibles en environ une heure.

Après seulement quelques jours de fonctionnement, plus de 20 échantillons avaient déjà été analysés.

Grâce à ce délai réduit, les équipes de santé interviennent plus vite auprès des patients et mettent en place les mesures nécessaires pour limiter la transmission. Une capacité précieuse dans une zone où la mobilité des populations et les échanges transfrontaliers favorisent la propagation des maladies épidémiques.

La technologie française au plus près des populations de la RDC

Le laboratoire mobile de niveau de biosécurité 3 est intégré dans un conteneur maritime de 40 pieds installé sur une remorque spécialement aménagée. Il comprend notamment :

  • Le contrôle des pressions différentielles ;
  • Des dispositifs de secours pour l’alimentation électrique
  • La supervision des paramètres critiques ;
  • Le respect des exigences internationales de biosécurité.

Cette conception intégrée permet de déployer des capacités de laboratoire là où les infrastructures permanentes font défaut. Sa mobilité permet aussi d’adapter les capacités diagnostiques à l’évolution de la situation épidémiologique et de les rapprocher rapidement des zones où les besoins sont les plus pressants.

Le laboratoire est exploité par une équipe congolaise de neuf professionnels de laboratoire, en collaboration avec des équipes ougandaises. Il renforce les capacités diagnostiques locales et la surveillance sanitaire dans une zone où les maladies circulent aisément d’un pays à l’autre.

La proximité du laboratoire peut aussi faire la différence dans l’identification de cas qui seraient autrement attribués à d’autres causes. L’OMS cite le cas d’une femme dont le décès avait d’abord été attribué à des complications après un avortement. L’analyse réalisée le jour même à Kasenyi a confirmé une infection par le virus Ebola, permettant aux équipes de mettre en place rapidement les mesures de santé publique nécessaires pour sa famille et son entourage.

Cette capacité de diagnostic décentralisée sert la réponse à l’épidémie actuelle et renforce durablement la préparation aux urgences sanitaires.

Renforcer les capacités locales face aux futures urgences sanitaires

Le déploiement de ce laboratoire à Kasenyi s’inscrit dans une réponse coordonnée entre la RDC, l’Ouganda, l’OMS et leurs partenaires. L’OMS accompagne le ministère de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévention de la RDC : fourniture d’équipements, de réactifs et de consommables, formation des équipes, assistance technique continue.

Seuls deux laboratoires étaient capables de confirmer les cas d’Ebola au début de l’épidémie. La RDC en compte désormais 18.

L’expérience de Kasenyi montre l’intérêt de solutions de laboratoire rapidement déployables au plus près des populations : en réduisant les délais de confirmation, elles renforcent la surveillance épidémiologique, soutiennent la prise en charge des patients et contribuent à mieux préparer les systèmes de santé aux futures urgences sanitaires.

IMeBIO est membre de French Healthcare Association. L’association continue de mettre en lumière les expertises françaises capables de renforcer les capacités de santé à l’international, dans les infrastructures et équipements, le diagnostic, le numérique en santé, la recherche ou encore la formation.