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surgery

Première double greffe des membres supérieurs à l’aide de HEMO2life® en Inde

Le dispositif médical de la société bretonne Hemarina révolutionne la transplantation d'organes et de tissus grâce aux capacités de transport d'oxygène du ver marin arénicole. 

7 Déc 2021

14 heures d’intervention, 10 chirurgiens plastiques, 4 chirurgiens orthopédiques, 6 anesthésistes et une équipe de 25 personnes dont de nombreux infirmiers de bloc. Autant de chiffres records qui traduisent la complexité de la double greffe des avant-bras opérée sur un jeune homme de 34 ans, le 25 septembre 2021, à l’Institut Amrita des Sciences Médicales (AIMS) de Kochi, en Inde. 

Pour la première fois au monde, cette double greffe des membres supérieurs a été réalisée grâce à HEMO2life®.

Les équipes indiennes se sont rapprochées de Franck Zal, fondateur et PDG d’Hemarina après avoir lu un article dans The Lancet sur la seconde greffe du visage opérée sur Jérôme Hamon, par l’équipe du Professeur Laurent Lantieri, de l’Hôpital Européen Georges Pompidou, également avec HEMO2life®

Aujourd’hui, un greffon sur deux est perdu, notamment à cause de problèmes de préservation et d’oxygénation. 250 000 personnes sont actuellement en attente d’un don d’organe dans le monde, 26 000 en France, tous greffons confondus.

“HEMO2life® change complètement le paradigme de la transplantation qui n’est plus un process d’urgence. Nous allons désormais pouvoir faire des opérations extrêmement longues et complexes, sans course contre la montre, simplement parce que cette molécule fait respirer le greffon en attente de transplantation jusqu’à parfois 48 h”, Franck Zal, fondateur et PDG d’Hemarina.

Dans les années 90, Franck Zal mène une thèse de biologie marine sur la façon dont les vers marins colonisent des milieux extrêmes, notamment les plages. Il découvre l’arénicole, un ver qui existe depuis 450 millions d’années, dont l’hémoglobine est l’ancêtre de nos actuels globules rouges. Celle-ci lie 40 fois plus d’oxygène qu’une hémoglobine de vertébré. A marée basse, ce ver arrête de respirer et vit sur son stock d’oxygène fixé lorsqu’il était sous l’eau. 

Au fil des années et des rencontres, le biologiste réalise que cette découverte peut avoir des applications inestimables en médecine. « L’arénicole est comme un “donneur de sang universel” », explique-t-il.  

Le cycle marée-haute/marée basse est l’équivalent de la problématique ischémie/ reperfusion en médecine. Quand un greffon déconnecté d’un donneur n’est plus oxygéné, c’est l’équivalent de l’arénicole à marée basse qui vit sur son stock d’oxygène. En mettant en présence ce greffon avec l’hémoglobine de l’arénicole, très fortement chargée en oxygène, on lui permet d’avoir suffisamment d’oxygène physiologique pour sa survie, même déconnecté. 

Dans le cas indien par exemple, les membres supérieurs transplantés ont récupéré une activité métabolique normale au bout de dix minutes, au lieu d’une heure en moyenne sans HEMO2life®

En 2016, un essai clinique en transplantation rénale portant sur 120  personnes. Les reins ainsi préservés avec la technologie d’Hemarina sont repartis quasiment tout de suite après la transplantation, les autres ont mis plusieurs semaines. Quatre ans plus tard, le taux de survie des transplantés est de 98.3 % contre 86 % avec la méthode classique. 

Un nouvel essai est actuellement en cours sur 460 patients dans plusieurs hôpitaux français, dont un à La Réunion.

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